note d’intention

   maTerre est le sang qui coule dans mes veines : le mélange de deux cultures, de deux pays, de deux êtres qui se rencontrent pour donner naissance à un nouveau-né.

   A l’image de mes origines de sang-mêlé, maTerre est donc la rencontre de deux expressions singulières qui me sont “chair” : la voix et le corps … le chant et la danse.

   Avec maTerre je comble un désir né en 2013 : créer une adaptation danse et chant du Stabat Mater. Ce désir est le prolongement de la découverte d’une des nombreuses versions du Stabat Mater – qui m’a profondément touché – et de la rencontre avec Odile Fargère (professeur de chant qui laisse jaillir la voix à travers la respiration et le corps) qui m’a permis d’intégrer le chant dans ma danse : comme le va-et-vient de la respiration, la voix impulse le mouvement et la danse invite le chant. Je rencontrais cette année là le texte du Stabat Mater – qui pour moi représente un symbole fort et universel : la souffrance d’une mère face à la mort de son fils – le chant fluide et libérateur qui jaillissait enfin de mon Être, ainsi que la danse qui prenait sa juste et lumineuse place dans ma vie ; m’invitant ainsi à créer la Cie la Méduse.

   Donnant suite à une période de recherche et d’expérimentation concernant le rapport entre la voix et le corps – du mouvement chanté, de la voix dansée – ainsi que de nombreuses performances, la voix et le chant se réunissent, se mêlent enfin dans maTerre : expression singulière, incarnation manifestée au sein d’une création dans cette version courte d’environ 20 minutes (création d’une version longue en 2018).

   Cette création symbolise pour moi la capacité d’accueillir les rencontres et les événements de la vie qui se succèdent (à l’image de ma rencontre avec Pierre Moutarde : délégué épiscopal Arts, Culture et Foi du diocèse de Lyon) et qui font qu’aujourd’hui maTerre s’incarne.

   Ce cadeau de La Vie – comme j’aime à dire et comme je le vis – m’a permis, dès le début de sa mise en oeuvre, de créer ce spectacle dans les conditions idéales et adéquates (au sein d’une église) avec mon désir de l’interpréter dans les chapelles, les églises et autres lieux de culte.

   Il est toutefois évident pour moi que le champ des possibles est ouvert à celui qui s’y invite ; et que ma respiration quotidienne étant celle du partage, maTerre se jouera également dans des contextes, des configurations et environnements variés … avec pour unique peau une chemise blanche et un pantalon noir (mon costume de scène).

Être en adéquation harmonieuse entre le projet que l’on mène et l’ensemble où il s’insère”

(Yi King)